Correspondance amicale de Louis Fleury
À Eugène Wagner – 3 Décembre 1909
Vieux Wagnero,
Au concert Marthe Prévost (la Patti de demain) nous aurons à jouer ensemble deux petites pièces anciennes. Je crois sincèrement qu’une répétition serait utile parce qu’il y a des coins vétilleux à voir…
À Eugène Wagner – 19 Avril 1913
Mon cher Wagner,
Nous donnons notre séance – une seule cette année ! – le 19 mai aux Agriculteurs. Le programme comporte 2 oeuvres avec piano : le Quintette de Magnard et la Villanelle pour cor de Dukas…
À Nadia Boulanger – 1918
Chère Mademoiselle,
J’apprends aujourd’hui le grand malheur qui vous frappe et qui frappe si cruellement l’Art français. Je ne trouve pas de mots pour vous dire combien je vous plains…
À Robert Brussel – Mai 1922
Cher ami,
Je trouve votre aimable mot à mon retour de Barcelone où nous avons donné 2 concerts avec le groupe complet des Instruments à Vents. Merci mille fois de votre intervention en notre faveur. Je suis ravi que ayez réussi et je vous prie de croire que nous ferons de notre mieux pour mériter cet encouragement…
À Robert Brussel – Juin 1922
Cher Ami,
Je reçois – par avion, c’est à dire plus tard, vu le mauvais temps – la lettre de M. Bouchat (Bouchet?) et les détails donnés par ma femme sur votre conversation téléphonique.
Il me semble qu’il y a une complète miscompréhension de ce que doit être le festival de Salzbourg et de ce que nous pouvons y faire. Voici ce que je puis vous dire.
Ce Festival qui devait comporter en principe 4 soirées de musique de chambre, a pour but de faire connaitre au public cosmopolite de Salzbourg les Ecoles d’extrême avant-garde de toutes les patries représentés. J’ai vu le programme provisoire…
À Robert Brussel – Juillet 1922
Cher Ami,
J’espère que vous avez reçu ma lettre – mes énormes tartines, si je puis ainsi dire – et que je vous ai convaincu, vous et les autres intéressés, de la pureté de mes intentions et de l’excellence de notre cause.
Je ne sais encore exactement la date de ma rentrée à Paris. En principe, ce devrait être le 14, mais je vais tomber sur le damné pont du 14 Juillet, et ne pourrai rien faire d’utile avant le 17. Je voudrais autant que possible ne pas m’éterniser à Paris et prendre tout de suite un peu de repos dont j’ai grand besoin…
À Robert Brussel – 9 Août 1922
Cher Ami,
Maître-Jacques de la flûto-musicographie, je lâche mon instrument pour le stylo et vous envoie quelques lignes sur le Festival, puisqu’hélas aucun critique français n’est ici pour en rendre compte. Ça me met dans une position gênante. Comment parler de nos succès ?
Comme il faut tout de même en parler, je vous communique l’impression générale : la participation française a été l’évènement et la révélation du Festival…
À Robert Brussel – Septembre 1922
Cher Ami,
Votre lettre de (nom illible) m’est parvenue juste au moment où nous quittions les bords boueux de la baie du Mont St Michel pour l’humidité de Fontainebleau. Je n’ai pas pu y répondre plus tôt. Il faut que nous nous voyions. Le festival de Salzbourg a eu réellement un grand retentissement et nous pourrions en tirer un grand profit moral si nous savions l’exploiter tout de suite. La forme la plus simple et la plus rapide serait peut-être de nous envoyer en tournée en Rhénanie…
À Robert Brussel – 7 Juillet 1923
Cher Ami,
Je vous demande pardon de n’avoir pas répondu plus tôt à votre bonne lettre du 29. Je vis ici dans une sorte de folie furieuse (qui a son charme et surtout son charme monnayé) et je dois « réviser les questions ».
Je suis enchanté d’apprendre que l’affaire s’arrange selon mes initiaux désirs…
À Robert Brussel – 17 Juillet 1923
Cher Ami,
Mon séjour à Londres a échoué sur une semaine abominablement chargée (5 concerts en 4 jours !) qui me laisse peu de temps pour écrire. Tout de même il faut que je vous dise
1° que je compte partir vendredi matin à 10 h pour être à Paris vers 6h du soir et que je ne ferai que traverser Paris pour courir vers les miens en Bretagne. Pourrai-je vous attraper au téléphone vendredi soir ou samedi après-midi ?…
À Marc Pincherle – Août 1925
Cher Ami,
Je comprends très bien l’émotion de M. Chevi. J’ai assez mal parlé, il est vrai, de l’auteur de la symphonie légendaire. La Postérité est encore plus cruelle : elle n’en parle plus du tout…
À Mel Bonis – 1906
Chère Madame,
Il me semble que je vous ai un peu négligée depuis quelques temps. ll ne faut pas m’en vouloir. Je fais depuis mon arrivée ici un métier de chien : cela s’appelle la lutte pour la vie. Je commence à en avoir assez : pas de la vie mais de la lutte…
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